samedi 18 août 2007

Le Bal Eternel
















Imaginez la Terre, ronde au visage bleu.
Imaginez ses rides, son visage vieilli.
La Lune est son amant, timide et besogneux,
Lui qui lui tourne autour, et depuis tant de nuits.

Cette valse perdure et dure toujours autour
De ce lustre merveilleux qui laisse les murs sombres.
Seule la Voie Lactée, qui resplendit dans l'ombre,
Mire les deux amants, témoin de leur amour.

La Terre a le coeur chaud et il bât la cadence
D'une valse infinie dans le strass des étoiles.
Au loin les galaxies par leur luminescence
Créent dans l'espace entier l'ambiance d'un grand bal.

Imaginez le temps qui passe au pas rythmé
Des amants enlacés, un tourbillon grandiose
Qui n'a jamais fléchi, qui ne cessera jamais.
Pour cette valse là, mille ans c'est peu de choses!

Imaginez les ans par milliards écoulés;
Eux son dans leur jeunesse, paradoxe amusant
Alors que nous mourrons sans avoir vu bouger,
Continuant à danser, un cil du borgne blanc!

Bien à vous, infiniment,
DL

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Cher La Geôle, bravo pour l'herboritaire et le bal des étoiles. que de joyeuse mélancolie ! c'est d'ailleurs une idée intéressante que de masculiniser la lune pour en faire le courtisan blâfard et néanmoins fiévreux, le prétendant stoïque et néanmoins empressé de la terre. je crois d'ailleurs que la lune est masculine chez les allemands; peut-être que les Teutons d'antan, entre 2 cervoises lappées dans le creux d'un crâne ennemi, avaient eu la même intuition poétique que toi.

Bravo également pour tes clichés. sans flatterie aucune, l'instantané du tendre orgueil enfantin (le ballon), le comique invonlontaire, grand révélateur des travers humains et de leurs contradictions, la poésie, surtout, d'une ville qui ne peut s'empêcher d'étinceler à travers la crasse dont elle se barbouille avec délectation. Bénie de Dieu, il semble qu'elle s'en batte vulgairement les couilles.

Lumières d'hiver et lumières d'automne - ah ! comme je te comprends : qui n'a pas connu la côte bleue par une belle journée ensoleillée du mois de novembre ne sait à quoi le paradis peut ressembler. merci pour ce chemin de fer flottant sur la lumière. Je le connais. On sentirait presque les effluves résineuses du pin d'Alep, plouc au royaume des arbres qui, accroché au blanc calcaire de cette côte, y a pourtant conquis dans la douleur la rustique noblesse du guerrier noueux et bâlafré - de ces falaises arides, il a fait sa terre promise. Sous le viaduc, des pins, en effet, se profilent.

Merci enfin pour les espoirs que tu places, non seulement dans ta progéniture sportive (voir la leçon de planche à voile), mais encore dans cette ville malgré la négligence et l'incivilité de ses habitants que tu écorches d'ailleurs gentiment.

Continue donc, travail intéressant, somme toute cohérent et parcouru par un authentique fil invisible de poésie.

A ben leu